Rechercher dans ce blog

Envie de suivre notre actualité?

N'hésitez pas à suivre notre actualité via Facebook en cliquant sur ce lien ou via LinkedIn en cliquant sur ce lien.

mardi 24 février 2026

Pérenniser l’œuvre d’un artiste après sa mort : les trois piliers

De nombreux artistes sont tombés dans l’oubli à leur décès. Comment (tenter d’) éviter la mort artistique de l’auteur ? Piste de réflexion.

La disparition d’un artiste ne marque pas forcément la fin de son parcours. Au contraire, c’est souvent à ce moment que commence le travail de pérennisation de son œuvre. Pour les héritiers, ayants droit ou toute personne impliquée dans la gestion d’une succession artistique, plusieurs actions essentielles permettent de faire vivre durablement une œuvre dans le temps.

La visibilité de l’artiste : un enjeu fondamental

Les héritiers gèrent les droits d’auteur pendant
les 70 années qui suivent le décès de l’artiste
© AP
Le temps efface les traces, même celles des artistes les plus prometteurs. L’un des premiers devoirs de la succession est donc de conserver, voire renforcer, la visibilité de l’œuvre de l’artiste. 

Pour cela, des actions simples peuvent être mises en place. Une page web dédiée peut par exemple présenter de manière claire et accessible la biographie de l’artiste, les grandes étapes de son parcours, ses principales expositions, et les collections muséales ou privées connues où ses œuvres sont conservées. A défaut d’une page spécifique, on fera à tout le moins une mise à jour de la page de l’artiste sur Wikipédia, démarche totalement gratuite.

Il est également pertinent d’archiver et de valoriser tout contenu existant (catalogues, critiques, photos d’expositions) pour offrir une image cohérente et crédible de son œuvre. Cette démarche permet de poser les fondations d’une reconnaissance posthume et facilite les contacts futurs avec les galeries, musées, éditeurs ou chercheurs.

Une stratégie de diffusion adaptée

Une œuvre non visible est une œuvre oubliée. Il convient donc de prévoir une stratégie de diffusion, adaptée à la notoriété de l’artiste au moment de sa disparition. Les maîtres mots : la mesure et la constance !

Si celui-ci n’a pas été exposé ni vendu depuis longtemps, une première approche peut passer par la vente en ligne régulière mais limitée d’œuvres sur des plateformes spécialisées, qui permettront de toucher un public large et curieux qui se renseignera ensuite sur l’artiste. 

À l’inverse, si l’artiste bénéficiait déjà d’une certaine reconnaissance et d’une cote établie sur le marché, il peut être pertinent de faire appel à des professionnels spécialisés : galeries et/ou maisons de vente. Ces acteurs sont à même de positionner l’œuvre dans un cadre valorisant, en cohérence avec le parcours artistique du défunt. Il est parfois judicieux d’attendre le bon moment ou le bon lieu pour réintroduire une œuvre sur le marché, plutôt que de la diffuser précipitamment. 

Au grand jamais il faudra diffuser une multitude d’œuvres en même temps, faute de quoi l’offre serait surabondante à un moment où la demande serait encore réduite…

Les droits d’auteur : une ressource à ne pas négliger

Trop souvent sous-estimée, la gestion des droits d’auteur constitue pourtant une dimension essentielle de la succession : reproduction dans des publications, utilisation dans des expositions, ou encore adaptation audiovisuelle. Autant d’autorisations à concéder pour augmenter la visibilité de l’artiste.

Il est également crucial de ne pas négliger le droit de suite. Ce mécanisme permet à l’auteur – ou à sa succession – de toucher un pourcentage lors de chaque revente publique de ses œuvres (ventes aux enchères notamment), lorsque les conditions légales sont remplies.


En conclusions, assurer la pérennité de l’œuvre d’un artiste après sa mort est une tâche exigeante, mais essentielle sur bases des 3 principes introductifs ci-avant. Ce travail peut paraître fastidieux, mais il constitue la meilleure garantie pour que l’artiste continue de dialoguer avec le monde, bien au-delà de sa disparition. Il existe évidemment des options additionnelles qui seront envisagées au cas par cas, comme la création d’une fondation par exemple. Chaque situation trouvera ses propres solutions.

© AP